Tissages d'Audonade

Murielle ARDISSON-CONIL

26/06/2020

Aujourd'hui nous vous présentons Murielle ARDISSON-CONIL qui réalise un travail remarquable.

Murielle coud ses propres modèles de vêtements et d'accessoires à partir d'étoffes de laine qu'elle réalise sur un métier à tisser. Son dada : la laine ! Alpaga, mohair, mérinos... Elle utilise d'autres techniques que le métier à tisser : filage au fuseau, feutrage.

Entrez dans son univers...

Murielle, pourriez-vous nous parler de vous et de votre parcours ?

La laine et le tissage sont pour moi le "début du reste de ma vie".

Après des années passées au sein d'un service de ressources humaines de la fonction publique, je me suis lassée d'un métier dans lequel je ne me sentais pas à ma place. J'ai finalement décidé de changer radicalement de parcours pour donner plus de sens à ma vie.

J'ai tout d'abord suivi diverses formations chez une feutrière puis chez une tisserande, avant de poursuivre mon apprentissage en autodidacte.

Je suis en quelque sorte "tombée dans la laine", d'abord avec le feutre en réalisant de petits objets plutôt à destination des enfants sous une première marque puis j'ai découvert le tissage, et qui dit tissage dit couture à laquelle je me suis mise également.

Aujourd'hui je réalise toutes les étapes, je pars de la fibre pour arriver au vêtement fini.

J'adore faire des associations entre mes tissages et des draps de laine (que j'achète chez un fabriquant français).

Désormais orientée vers le tissage ma marque est devenue "Tissages d'Audonade" (c'est le nom de l'impasse dans laquelle j'habite !). C'est un plaisir sans cesse renouvelé de me lever chaque matin pour entrer dans mon atelier !

Comment avez créé votre marque ?

Pour passer du fonctionnariat au statut d'artisan auto-entrepreneur... J'ai fait un grand saut !

J'ai commencé par intégrer une association de professionnels qui valorise les producteurs et les artisans du fil afin d'intégrer des salons et marchés spécifiques.

Cela m'a permis de de voyager dans toute la France et de participer à diverses manifestations "lainières" comme "Les journées Européennes de la laine de Felletin" dans la Creuse.

Où trouvez-vous l'inspiration ?

tissage

C'est comme un flux d'énergie qui vient de l'intérieur et qui se nourrit de mes 5 sens. Un élan intérieur qui, au passage d'une tourterelle, va m'orienter vers une couleur de laine : ce sera gris clair. Ses plumes vont m'orienter vers une texture : ce sera du mohair. Son attitude gracieuse : ce sera un sergé brisé et ce fourmillement au bout des doigts qui fait écho avec ce que j'imagine dans ma tête : un châle vaporeux, mousseux qui se dépose gracieusement sur les épaules comme la tourterelle sur la branche...

Parlez-nous de votre atelier de création !

Mon atelier, ou plutôt "mes ateliers" sont répartis sur 2 niveaux, ce n'est pas grand mais fonctionnel.

Au premier niveau se trouve le tissage avec le plus grand de mes métiers à tisser, mes laines et une vue imprenable sur la campagne environnante.

Au second niveau, c'est l'atelier couture mais il y a aussi mon second métier à tisser...

Pour "créer", j'utilise des métiers à tisser bien sûr pour fabriquer le tissu. J'ai également une machine à coudre et une surjeteuse pour la couture de mes créations.

Comment et où vous approvisionnez vous ?

Je suis très attentive au bien-être animal et toutes les laines que j'utilise garantissent leur bien-être.

Je donne également la priorité aux producteurs et filatures françaises ou européennes, mes laines et fils sont ainsi de grande qualité. Mais dans le "monde d'après" Covid, je vais encore renforcer ma démarche d'approvisionnement au plus proche. Mes mohair viendront de France ainsi que le mérinos.

Reste l'alpaga que j'adore travailler, mais il est difficile d'en trouver car il y a peu d'éleveurs. Pour l'instant, je m'approvisionne encore au Pérou même si j'ai quelques créations avec de la laine d'alpaga filée main française.

Tous mes tissus viennent de France et mes fils également.

Quel est votre produit phare ?

Sans hésiter mes étoles aériennes et mes petits savons (même si en ce moment ce sont les masques qui ont du succès).

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

Je suis ravie de ma dernière veste kimono, associant du mohair assez "brut" 100% français et de l'alpaga, le mélange des matières est très beau et je trouve la coupe originale.

Quels défis ou objectifs vous êtes-vous fixé pour cette année ?

Comme je l'ai évoqué précédemment je souhaite travailler au maximum avec des fournisseurs locaux et engagés pour avoir une démarche la plus éthique et écologique possible en lien avec mes valeurs.

Je suis également dans une démarche "zéro déchet" en utilisant tous mes restes de laine et tissu.

J'ai également pour objectif de développer ma présence en ligne pour essayer de faire face à cette crise que nous traversons. En effet, même si les salons et marchés reprennent, il va être compliqué de faire essayer les vêtements et la vente sur internet me parait moins risquée au niveau sanitaire.

Portrait chinois - Si vous étiez...

une couleur ?

une matière ?

une spécialité de votre région ?

Pour finir, pourriez-vous nous citer 3 créateurs que vous aimez sur Unik ?

Soelle

Cette boutique réalise de beaux sacs en cuir dans une démarche de récupération éco-responsable.

Douceur d'écrins

Un monde de douceur et de laine comme j'aime, magnifiques objets de déco en laine feutrée entre autre des galets "poufs" magnifiques, on dirait des vrais galets.

Atelier l'Arbre à vapeur

De jolis tableaux d'oiseaux , un monde plein de poésie et aussi de jolis bracelets